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[Industrie] À Quimper, Saupiquet emploie 200 salariés et continue de recruter

09/07/2018


Une marque nationale qui emploie plus de 200 salariés à Quimper ? Ne cherchez pas, c’est Saupiquet. L’entreprise s’est imposée sur le marché du maquereau en conserve. Et poursuit son recrutement.
Saupiquet à Quimper, c’est une histoire qui sort de l’ordinaire. Le leader européen du maquereau en conserve se porte bien. Il recrute régulièrement, modernise l’usine. Mais, jusqu’à présent, il ne tient pas particulièrement à le faire savoir. La discrétion, c’est la marque du groupe italien Bolton, propriétaire de Saupiquet depuis 2000. Petite entorse à cet usage, à l’occasion du cinquantenaire de l’usine, l’entreprise ouvre ses portes à la presse. L’année où les pavés volaient dans le Quartier latin à Paris, l’usine Saupiquet déménageait du quartier de la Glacière-Providence pour s’installer au Moulin-Vert, à la périphérie du centre-ville. À l’époque, la production se concentrait sur les conserves de légumes.

Usine enclavée
Jean-François Boyard dirige l’usine Saupiquet depuis 1999. « Je suis arrivé juste avant la prise de contrôle par Bolton », rappelle le directeur. Il va devoir faire face, en l’espace de deux ans, à quelques aléas. Le premier est la conséquence de la situation enclavée de l’usine.

En 1968, il y avait quelques maisons à proximité. Trente ans après, les premiers pavillons se trouvent à une dizaine de mètres des ateliers. Juste au moment où Saupiquet rapatrie une importante production de poisson à Quimper. « Les voisins se sont plaints des odeurs… » Le nouveau directeur modifie les accès à l’usine (le portail principal ouvrait dans le lotissement). Et, progressivement, il met en place les dispositifs pour limiter ces odeurs persistantes. « Nous restons très attentifs. Le problème a quasiment disparu. » L’accessibilité a nettement progressé depuis l’ouverture du contournement nord-ouest. Malgré l’incendie, l’usine continue En 2001, un incendie se déclare dans l’usine en pleine nuit. « Nous avons eu peur. Mais l’usine a été sauvée grâce à une particularité de construction. Le toit était en alu, il n’a pas résisté à la chaleur. » Ce détail va permettre à la chaleur de s’évacuer rapidement, par le haut, au lieu d’endommager le matériel de production. « Le cœur de l’usine n’a pas été touché. » La zone de stockage a été détruite. « Tout ce qui était fait automatiquement s’est fait manuellement. Tout le monde s’y est mis. » Et l’usine a sauvé son avenir. État d’esprit quimpérois Pour le directeur, cette mobilisation du personnel illustre l’état d’esprit quimpérois. « J’ai toujours pu compter sur le personnel. Le groupe Bolton a tenu compte de cela, je pense. » Jean-François Boyard ne le dit pas : son management humain a contribué à maintenir cet état d’esprit. Quand le groupe a décidé de fermer une usine, c’est Saint-Avé, près de Vannes, qui a fait les frais de la restructuration en 2010. On ne saura pas ce qui a joué en faveur de Quimper. On peut penser que le facteur humain a pesé. Maquereau grillé, la bonne idée Sauver l’usine ne suffisait pas. Progressivement, Bolton va investir. Les conditions de travail sont améliorées. Une quatrième chaîne de production est installée. Enfin, en inventant un nouveau produit, le maquereau grillé, le service recherche et développement de Saupiquet va apporter un nouveau souffle au marché du maquereau en conserve. « En Europe, on ne mange pas de conserves de maquereau en sauce. En proposant le maquereau grillé en conserve, Saupiquet a créé un nouveau marché. » Aujourd’hui, l’export représente 20 % de l’activité. Recrutements en cours Le défi principal de Saupiquet, partagé par de nombreuses entreprises agroalimentaires du bassin d’emploi, est de renouveler son personnel. « La moitié de l’effectif d’aujourd’hui n’était pas là en 2013 ! », souligne Jean-François Boyard. « En 2016 et 2017, nous avons recruté 80 personnes. Dont 40 pour remplacer les départs en retraite, renchérit Pierre Le Gras, responsable ressources humaines. Comme tout le monde, nous rencontrons des difficultés à recruter. Mais le bouche-à-oreille joue en faveur de la société… » L’ambition de Saupiquet : renouveler le personnel tout en conservant l’état d’esprit qui fait la force de l’usine quimpéroise. Saupiquet en chiffres Saupiquet, 220 salariés en CDI. Avec les contrats temporaires, 300 personnes en moyenne travaillent sur le site quotidiennement. 13 000 tonnes de poissons transformées par an, 70 millions de boîtes de conserve (85 % de maquereau, 15 % de sardines).